Structure de production et de diffusion de spectacles



Miche et Drate


Spectacle jeune public à partir de 7 ans

Une pièce de
Gérald Chevrolet
aux éditions théâtrales
Texte sélectionné en 2013 par l'éducation nationale.


avec Aurélien Osinski et Anne Mazarguil


mise en scène Anne Mazarguil
assistée de Alice Bellefroid
Lumières : Mathieu Patie
Technique son : Philippe Dorian

 

Vingt-quatre petites histoires aussi légères qu'une plume pour s'offrir le monde en cadeau.
Vingt-quatre sketches pour rire et grandir, faire le tour de la terre, rêver et se réveiller neuf, beau comme le jour et la nuit.
Un duo burlesque qui invite petits et grands à s'emparer des grandes questions de l'existence avec humour et poésie.

 

Prochaines dates : les mercredis 7, 14, 21 et 28 juin 2017 à 14h30 au théâtre Darius Milhaud - Paris 19ème
Réservation au 01 42 01 92 26, ou en ligne sur le site du théâtre.

Durée du spectacle : 55 minutes
Le spectacle a été créé le 10 avril 2017 au Darius Milhaud

Extrait de texte

 

Titre du sketch : La conscience


DRATE.- Miche ... Les paroles qu'on dit ... est-ce que ça reste?

MICHE.- Bien sûr, Drate.

DRATE.- Où est-ce que ça reste, Miche, les paroles ... dans les oreilles?

MICHE.- Non. Beaucoup plus profond, Drate. Dans la conscience.

DRATE.- Qu'est-ce que c'est que la conscience, Miche?

MICHE.- C'est ... un œil au-dedans de nous. Un œil qui lit les paroles qu'on dit et qui les garde.

DRATE.- Dans le ventre?

MICHE.- Où tu veux, mais dedans.

DRATE.- Alors plus profond après les oreilles, dans le ventre, il y a un œil? Et comment il voit
cet œil? Et par où est-ce qu'elle entre la lumière jusqu'au ventre?

MICHE.- La lumière entre par le cerveau.

DRATE.- C'est monstrueux!

MICHE.- Quoi, Drate?

DRATE.- Cet œil qui regarde nos tripes et qui fait des trous dans la tête pour avoir de la lumière!

MICHE.- Ce qui est monstrueux, c'est qu'il y a des gens qui le ferment, cet œil.

DRATE.- Comment ça, Miche?

MICHE.- En bouchant la tête pour empêcher la lumière de rentrer, Drate!

 

 

Vidéo



Note de mise en scène

C'est une formidable leçon de philosophie que ces vingt-quatre sketches ! - Vingt-quatre sketches et une plume, une plume pour réinventer le monde et vivre les vingt-quatre heures de chaque jour comme le premier jour de notre vie, libre et créateur. La pièce de Gérald Chevrolet est un véritable manifeste contre la morosité ambiante. Eclatante d'espoir, poétique et remplie d'humour, son écriture dégage une vision extrêmement optimiste de l'existence.

Duo burlesque à la croisée de Laurel et Hardy et des personnages de Beckett, Vladimir et Estragon (eux même inspirés des premiers), les clowns Miche et Drate cheminent sur les sentiers de la pensée, interrogeant le monde comme un jeu de construction où les idées prennent forme. Mais a contrario des personnages d'En attendant godot qui palabrent pour combler le vide et l'absurdité de leur vie, Miche et Drate, eux, dialoguent au bord d'un monde qui reste sans limite. Inséparables, condamnés à refaire le monde, condamnés à être libre dirait Sartre, Miche et Drate jouent. Ils jouent le jeu de l'expérience : un jeu où les règles ne sont pas fixées à l'avance, un jeu où "personne ne gagnerait et personne ne perdrait". Ils jouent à la vie, à la mort ! Car oui, c'est à plonger au cœur même de l'existence comme on saute dans une flaque, "une flaque de choses", que Gérald Chevrolet nous propose de jouer. C'est à cet endroit, là où la conscience s'éveille, là où tout commence, où rien n'est définitif, que les dialogues de Miche et Drate nous invitent à nous perdre, telle Alice aux pays des merveilles. "Miche et Drate est une fabrique" - nous confie l'auteur, un jeu, oui, un jeu où "on pourrait inventer tout ce qu'on veut!"

C'est dans la tradition du clown blanc et de l'Auguste que j'ai choisi de mettre en scène ces personnages sans âge ni sexe ni frontière, figures de l'humanité toute entière à travers lesquelles tout un chacun, enfant comme adulte, peut se voir. Essentiels l'un à l'autre, comme les deux parties du cerveau – tel que Gérald Chevrolet les décrit, ils expriment avec force et légèreté toute la complexité de l'être. Ils sont l'ombre et la lumière, le yin et le yang, le tout et le singulier. Ils se construisent dans l'altérité. Ce sont des êtres humains, mais seuls les clowns comprennent leur langage...

Anne Mazarguil