Structure de production et de diffusion de spectacles



The Great Disaster


Un seul en scène caustique et poétique
qui revisite le mythe du Titanic


Un texte de Patrick Kermann

écrit en 1992 (en français).Edition Lansman.

Avec Nicolas Leroy
Mise en scène et scénographie Anne Mazarguil

Rendez-vous au festival d'Avignon off !
au Théâtre des Barriques

8 rue Ledru Rollin Avignon intramuros.
du 7 au 30 juillet 2016 à 16h55
Relâche les lundis 11, 18 et 25 juillet.


Créé au théâtre Darius Milhaud en avril 2015, le spectacle s'est ensuite joué à Menton, les 8 et 9 avril 2016 au théâtre Saint Exupéry pour trois représentations.


Avec les voix de Violaine de Carné,
Philippe Collin, Liana Fulga, Delphine Lalizout,
Anne Mazarguil, Judith Pavard et Laura Pèlerins

Lumières : Johanna Dilolo
- Régie Thibault Petit
Bande son : Jean-Luc Videux et Anne Mazarguil
Costumes : Alice Bellefroid
Fabrication décors : Saïd Hidjeb, Nicolas Leroy, Audrey Moravec
Assistante : Joana Arotçarena - Photos :
Saïd Taftaf

"Moi Giovanni Pastore
ils avaient beau venir me supplier
tous oui en personne sont descendus à la plonge
Gatti avait déjà foutu le camps
alors quand ils sont entrés je me suis dit aïe qu'est-ce qu'ils me veulent
peuvent pas me laisser finir tranquillement
surtout qu'on va bientôt sombrer
définitivement
dans l'histoire
que dis-je la légende le mythe
pas le moment de me déranger
Giovanni entre dans l'histoire
j'allais pas louper ça quand même
la Mama me l'aurait jamais pardonné"
- extrait de The Great Disaster; tableau 9.

La Fable

   Travailleur clandestin sur le Titanic, Giovanni Pastore n‘a pas été compté parmi les victimes du naufrage. Il ne figure ni sur la liste des passagers, ni sur la liste de l‘équipage. Il n‘existe pas. Embauché au noir comme plongeur, il lave depuis un siècle, chaque jour et dans l‘indifférence de tous, les 3177 petites cuillères du prestigieux restaurant à la carte de la ville flottante.

   Ni mort, ni vivant, condamné à raconter toujours la même histoire, il traverse le temps sous la fragile identité de celui qui, sur la route de l‘exode, n‘emporte avec lui que la chaleur de ses souvenirs, et n‘a pour subsister, d‘autre force que le fol espoir de prendre le large.

   Odyssée de l‘exil, The Great Disaster lance, dans une langue poétique pétrie d‘humour, un message de résistance. Bouteille à la mer jetée dans l‘océan de l‘oubli, le texte de Kermann fait œuvre de mémoire.

Une écriture désespérée empreinte d'un humour décapant

Ecrit en français, The Great Disaster dont le titre évoque le style de la presse à sensation, raconte un tout autre naufrage que celui du Titanic. Ne nous trompons pas de sujet. Ce qui tourmente notre auteur est loin d'être la catastrophe maritime qui fit vendre tant de journaux d'abord pour ensuite faire la fortune des marchands de souvenirs.

Oui, c'est d'une toute autre tragédie dont il s'agit ici, d'un tout autre naufrage : celui de l'humanité, celui de notre civilisation malade d'amnésie et incapable de fonctionner sans créer, siècle après siècle davantage d'exclusion. Le paquebot légendaire sur lequel nous sommes invités à voyager n'est pas celui d'un film romanesque destiné à émouvoir le grand public. Il fait ici figure de parabole. S'impose derrière l'histoire, derrière les chiffres et les reliques du Titanic, une question évidente, incontournable, tel un iceberg que notre société se refuserait de voir : combien de canots de sauvetage ont été prévus pour sauver l'humanité ? Combien de passagers sommes-nous sur terre ? Tout un chacun est libre de s'interroger sur les conditions de son existence. Tous contraints de sauver notre peau, nous faut-il pour autant perdre la mémoire ? "Est-ce ainsi que les hommes vivent..." écrit Aragon. Kermann lui, avec ce texte, lance une bouteille à la mer.

Long poème dramatique aux accents libertaires, le soliloque de Giovanni Pastore, "petit glaçon de rien du tout", est à recevoir comme un conte pour que survive la mémoire des ancêtres, et se transmette ce qui a été et ce qui sera, peut-être, si le conte ne tombe pas dans l'oubli.
N'est-ce pas aussi tout simplement notre fonction, à nous, gens de théâtre ?

 A.M


C'est un conte de marin, une légende venue du fin fond de la mer que nous avons voulu mettre en scène : une de ces histoires faites pour être racontées et perpétuées, une de ces histoires qu'on ne peut garder pour soi tant elle nous fait homme et messager de notre propre condition. Tous susceptibles de la recevoir, nous en sommes tous dépositaires. Qui d'autre pouvait alors porter à la postérité l'histoire de Giovanni Pastore, cet anonyme du passé, sinon un autre anonyme ?
Un promeneur sur la plage trouve une bouteille contenant un récit. Il la débouche, une voix s'en échappe. E va la nave va. Au creux de sa main vogue le géant des mers.

The Great Disaster se déroule en dix séquences. Très cinématographique, le récit de Kermann se termine par "The end". Aucune situation précise ne nous est donnée. Giovanni simplement se raconte : sa vie d'exilé, ses souvenirs d'enfance, son premier amour, ses fantasmes érotiques, sa dure condition de travailleur immigré, sa relation privilégiée avec Andrews, l'ingénieur du Titanic. Toute sa vie défile tel un film dans lequel il "joue le rôle principal".
A l'instar d'Ulysse, son nom est "Personne". Jean Berger, John Sheppherd, Johan Schaeffer ou Giovanni Pastore, qu'importe son nom. "Un de plus un de moins – ne refera jamais surface – voilà ce qu'il s'est dit Monsieur Gatti". Cependant, noyé dans l'absurdité du monde, notre Gianni ne se laisse pas faire et c'est cette lutte, son inconditionnelle soif d'exister et de résister à la misère et l'oubli que nous avons cherché à transcrire.

A chaque tableau, Giovanni ressasse encore et encore la même histoire, son histoire, une histoire sans fin. Pourtant il faut bien que le film se termine et, c'est seulement avec la libération de cette voix restée muette au fond de l'océan, que la fin du film arrive enfin.
C'est une délivrance, une échappée loin du réel, un appel au large. "On a tellement besoin d'histoire quand il parait qu'on a vingt ans" chantait Jacques Brel. The Great Disaster en est une et des plus nécessaires. Ouverte sur l'imaginaire, elle offre au metteur en scène une infinité de possibilités. Nous avons choisi, nous, de la raconter dans une esthétique théâtrale pauvre. Pas de décor, sinon deux malles de voyage : celle d'Andrews, l'ingénieur, qui évoque le luxe dans lequel il vit, et celle de Giovanni, qui n'est en fait qu'une caisse de transport qui lui sert d'abri et témoigne de sa clandestinité.
Quelques accessoires rudimentaires accompagnent le spectacle : quelques petites cuillères bien sûr, et des lettres, des cartes postales, qui n'arriveront jamais à destination, sauf une peut-être...
"Laissez parler les petits papiers". Voilà juste ce que nous souhaitons raconter. C'est tout.

Anne Mazarguil





 



 

 
Ce qu'en dit la presse :

Toutelaculture.com / Alice Dubois / Avignon; juillet 2016
"Incarnant Giovanni et tous les autres avec une justesse et une constance très rares sur un plateau, Nicolas Leroy est magistral. Toujours sur le fil, avec une force et une rage au ventre qui font les grands comédiens, il navigue tout au long de ce poème dramatique sans jamais perdre le cap. Anne Mazarguil a fait le pari d’une mise en scène épurée où chaque accessoire fait naître instantanément un tableau en mouvement. On plonge d’un univers à l’autre, et on y croit. La direction d’acteur est superbe. C’est intelligent, drôle, inventif. Un très bel écrin pour la langue de Kermann, si puissante et si riche d’une grande humanité."


Nice-Matin / Vendredi 8 avril 2016
"Nos coups de cœur du week-end"
"Si le propos semble grave, le très beau texte signé Patrick Kermann (auteur de La mastication des morts) que peu d'acteurs se risquent à jouer est empreint d'un humour décapant On y va aussi pour la mise en scène fouillée et cinématographique d'Anne Mazarguil. Et pour revoir sur scène Nicolas Leroy, le petit Mentonnais qui a bien grandi..."


La Strada / Yaëlle Kahn /n° 251 – 4/24 avril 2016
"The Great Disaster de Patrick Kermann, mis en scène par Anne Mazarguil, revisite le mythe du Titanic avec une incroyable poésie."

Reg’arts.org /Nicole Bourbon /le 06-06-2015
«Anne Mazarguil a choisi une mise en scène épurée, jouant avec ingéniosité de l’espace scénique, dans une simplicité qui laisse toute la place aux mots. Pas de décor, simplement deux malles, celle en bois du pauvre émigré qui deviendra table, abri, couchette et celle, luxueuse, d’Andrews, l’ingénieur ainsi que de multiples costumes et accessoires. Car c’est tout un monde qu’elle fait revivre tout au long des dix séquences qui composent le livre, les passagers du navire, riches ou pauvres, la famille de Giovanni et ceux qui ont croisé sa route. Des êtres dont on entend parfois les voix – enregistrées, superbe bande son très travaillée avec également de la musique et des bruitages – voix qui se croisent, se superposent, se brouillent. Un traitement quasi cinématographique avec même le mot The End inscrit sur un Titanic de papier lorsque l’histoire arrive à son terme.
Et un comédien, seul pour incarner tous les personnages, fabuleux Nicolas Leroy, qui nous prend par la main et nous emmène pour ce long voyage avec une force, une présence, une aura incroyables. Jamais il ne lâche le spectateur, le cherchant du regard, le prenant à témoin, le convoquant même parfois dans l’histoire.
Un changement de costume et de voix et le voilà un autre, l’ingénieur, Gatti son employeur ou même la mamma. Avec ce parler respectant la syntaxe italienne, sans pronoms personnels devant le verbe qui lui donne une allure des plus poétiques.
Voix bien placée, diction parfaite, il s’approprie avec une conviction fascinante les mots de l’auteur, les fait siens avec une puissance écrasante et une émouvante intensité. (...) C’est un superbe spectacle (...) Ne le manquez pas

Sortiraparis.com /Maïlys C./le 27-05-2015
"Donner la parole à ceux qui se taisent, tapis dans l'ombre, telle est l'ambition de The Great Disaster de Patrick Kermann. Giovanni Pastore était sur le Titanic, il a vécu le naufrage, la panique, la mort, mais n'a pas été compté parmi les victimes de la catastrophe. Pourquoi ? Parce qu'il était travailleur clandestin. Et parce que travailler au noir signifie forcément travailler dans le noir, aucune lumière n'a été faite sur son triste destin.
Ce personnage est ressuscité le temps d'un spectacle : Giovanni raconte son histoire de plongeur oublié, interroge la mémoire, l'oubli, avec humour et poésie. Dans un remarquable monologue solitaire, Nicolas Leroy donne toute sa force à un personnage-fantôme, dont les préoccupations nous évoquent certaines des nôtres..."

 

Radio Top Side / Jérôme Bellini / 6 avril 2016 - Menton.

 

Nice-Matin / Samedi 2 avril 2016
Portrait de Nicolas Leroy 

"J'aimerais faire voyager ce spectacle dans toutes les villes portuaires de France. Parce qu'il évoque évidemment la migration et répond à certaines de nos préoccupations actuelles. Des ports d'attache pour une pièce de résonance."

 

Vidéo



L'avis des spectateurs
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- Fort moment de théâtre 10/10
Spectacle seul en scène magistralement interprété! Très émouvant si vous avez aïeux qui ont émigré de leur Italie natale...Des moments simples ou forts d'une vie racontée ou imaginée par Giovanni Pastore, berger descendu de sa montagne pour prouver à tous, à la Mamma surtout, qu'il est capable de réussir dans la vie...Parti comme beaucoup tenter de faire fortune aux Amériques et puis...ultime rêve...vouloir être cité comme héros parce que amoureux du travail bien fait, dans les victimes du naufrage le plus grand au monde; et ce narrateur devant vous qui explique que non il ne sera même pas héros car personne n'égrènera son nom... il est et restera parfaitement anonyme; On sourit grâce au texte et au jeu scénique parfois drôle et toujours poétique! Ce spectacle et l'acteur qui le porte méritent votre visite à Avignon en ce mois de Juillet 2016!!!

- très bon seul en scène 8/10
Belle performance d'acteur, seul en scène, sur un texte pertinent de Patrick Kermann. Mise en scène et décors astucieux . Merci pour ce beau spectacle vu au théâtre des Barriques juillet 2016.

- Un très beau spectacle 10/10
Excellente prestation de Nicolas Leroy, charismatique et énergique. Il nous prend par la main et nous embarque avec lui dans le périple de Giovanni Pastore, du petit village d'Italie aux ports européens en passant par les entrailles du Titanic... La mise en scène est inventive et rythmée.


- Un régal !
10/10

Superbe pièce jouée parfaitement par un comédien bourré de talent. Un seul en scène passionnant qui nous emmène dans une autre époque, nous transporte dans un univers rempli de personnages extrêmement bien dessinés. Une mise en scène originale et très efficace. Quel beau moment et quel beau travail! A ne pas rater.

-Très beau spectacle 10/10
Une petite salle pour un très grand spectacle.. Ce voyage à bord du Titanic fut drôle et émouvant, grâce à une mise en scène originale et un jeu d'acteur intense. A voir absolument.

- Un voyage magnifique. 10/10
Un texte d’une rare beauté qui nous touche, nous interpelle, interprété par un comédien de grand talent, une performance titanesque !

- Coup de cœur ! 10/10
Performance étonnante du seul acteur sur scène! Jeu extrêmement varié et toujours saisissant! Le texte prend vie! Les déplacements et l’utilisation des accessoires est très astucieuse! Pièce intelligente et subtilement drôle! Du théâtre pur, riche et émouvant! Laissez-vous surprendre comme je l’ai été !

- Universel et intime ! 10/10
Nous voulons tous échapper au naufrage et vivre mieux. Pour certains, il faudra s’accrocher encore et encore pour ne pas couler. Ce spectacle nous plonge dans la tragédie de l’existence et pourtant nous rions, grâce à la subtilité du texte, la prouesse de l’acteur seul en scène plein de talents. La mise en scène est impeccable. Un beau spectacle !!!